La méthode générale d’étude
des phénomènes non linéaires auto-organisés est appliquée à
l’organisation des systèmes de déplacements collectifs humains. Cette
méthodologie, largement appliquée dans les laboratoires d’écologie
comportementale (recherche de nourriture par des fourmis, par exemple)
consiste à :
- modéliser (par des relevés et analyses de terrain) le comportement microscopique de chaque agent (ou mobile) ;
- ajuster les paramètres microscopiques comportementaux et les "valider" (*) par rapport à des mesures macroscopiques de terrain (mesures quantitatives des flux et des structures collectives) – la simulation de l’ensemble des agents doit permettre de reproduire les phénomènes macroscopiques, i.e. les comportements collectifs, émergents observés dans différents types de terrain ;
- réaliser
une analyse de sensibilité (*)
de ces paramètres microscopiques :
ces
paramètres doivent être le moins sensibles possible, i.e. une faible
erreur sur leur valeur ne doit pas provoquer de changement de
modes/structures au niveau macroscopique.
Dans le cas des systèmes de déplacements
humains, les mobiles, les espaces et leurs services seront typés
qualitativement. Suite aux études de terrain, les comportements
miscroscopiques seront "validés" (**) par type d’espaces et
type
de mobiles. Ils pourront être utilisés pour prédire, par simulations,
les phénomènes émergents dans tout espace appartenant à un type déjà
validé.
Les simulations prédictives permettront de trouver les caractéristiques
optimales des espaces (géométrie, topologie, disponibilité et capacité
des services) répondant à la demande en flux de déplacements.
Afin de faciliter l'exploitation et la validation des données liées aux
comportements, une Base de données des comportements de déplacements
(issues de mesures
de terrain et structurée par type d’espaces et de mobiles) a
été créée.
(*) Type
d'état-système requis pour la validation du modèle :
Le système est fortement non linéaire et
des faibles variations des conditions initiales peuvent induire des
phénomènes macroscopiques très distincts. Les paramètres du modéle
doivent donc être étalonnés sur des états le plus stables possible,
éloignés des points de bifurcations. L'analyse de leur sensibilité doit
avoir lieu avec des conditions initiales rigoureusement identiques.
(**) Lien entre la validité du modèle
et
ses typologies :
Plus les types d'espaces et de mobiles
seront génériques et plus la marge d'erreur sur la prédiction pourrait
être grande. En théorie, la prédiction ne pourra être exacte que
sur les cas d'espaces/mobiles effectivement utilisés lors de la
validation.
A l'opposé, plus les types d'espaces et de mobiles seront
spécifiques et moins le comportement des mobiles dans les espaces
pourra être défini de façon générique. La portée prédictive du modèle
sera faible, dans la mesure où la probabilité qu'un nouveau cas ne
rentre pas dans la typologie sera très élevée.
Un compromis pratique a dû été trouvé pour identifier les
éléments
structurant les comportements de déplacements des mobiles dans les
espaces et menant à la
création de typologies efficaces.





